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Sélection Abbas Kiarostami

Six films d'Abbas Kiarostami au catalogue de diffusion

Six films du cinéaste iranien Abbas Kiarostami rejoignent le catalogue diffusion de la Cinémathèque suisse. Six longs métrages qui sont autant des témoignages sur l’Iran contemporain que des invitations à interroger la mise en scène au cinéma.

Khaneh doust kojast ?

(Où est la maison de mon ami ?)
Iran · 1987 · 83'
De Abbas Kiarostami
Avec Babak Ahmad Pur, Ahmad Ahmad Pur, Khodabakhsh Defai
Copie(s): DCP, Persan s-t. FR
Ahmad réalise avec effroi qu'il a emporté par erreur le cahier d'un camarade de classe. Sachant les risques que ce dernier encourt par sa faute, il emprunte une route de campagne sinueuse dans l’espoir de trouver où il habite… Léopard de bronze au Festival de Locarno, Où est la maison de mon ami? est le film qui a fait connaître Kiarostami, et plus largement le cinéma iranien, à l’international. «C’est parce qu’il transgresse les lois qu’il considère comme injustes, ou de moindre importance, qu’Ahmad parvient au terme de son parcours à se constituer en sujet autonome, capable de penser et de résoudre son problème. C’est ce parcours vers la liberté, vers le dépassement de soi, que filme Kiarostami et qui a tant séduit les spectateurs étrangers» (Agnès Devictor, Jean-Michel Frodon, Abbas Kiarostami).
Où est la maison de mon ami ?

Shirin

Iran · 2008 · 91'
De Abbas Kiarostami
Avec Golshifteh Farahani, Juliette Binoche, Niki Karimi
Copie(s): DCP, Persan s-t. FR | DCP, Persan s-t. DE
Source d’inspiration du Roméo et Juliette de Shakespeare, l’histoire de Khosrow et Shirin, tirée d’une épopée persane du Xe siècle, a été sublimée par le poète Nezâmî au XIIe siècle. En 2008, Kiarostami convoque une centaine d’actrices pour assister, face caméra, à une adaptation cinématographique tenue hors champ. Filmées en gros plans, leurs diverses émotions viennent alors nourrir de façon inouïe l’imaginaire du spectateur… «L'expérience pourrait facilement être rébarbative. Magie d'un art parvenu à son sommet, elle nous vampirise (…). Ce n’est que sorti de la séance qu’on se rend compte, prenant enfin du recul, qu’on vient d’assister à la fois à un hommage au cinéma vu collectivement en salle, à la femme iranienne en général et aux comédiennes en particulier» (Jean Roy, L’Humanité, 2010).

Ta'm e guilass

(Goût de la cerise, Le)
Iran, France · 1997 · 99'
De Abbas Kiarostami
Avec Homayun Ershadi, Abdolrahman Bagheri, Afshin Khorshid Bakhtiari
Copie(s): DCP, Persan s-t. FR | DCP, Persan s-t. DE
Un homme d’une cinquantaine d’années cherche quelqu’un qui aurait besoin d’argent pour effectuer une mission assez spéciale. Au cours de sa quête, il rencontre dans la banlieue de Téhéran un soldat, un étudiant en théologie et un gardien de musée vivant à la limite de la marginalité. Chacun va réagir à la proposition de façon différente … «Pas besoin d’être un habitué des films de Kiarostami pour goûter à la richesse de cette fable. Face à l’embrigadement du soldat et au dogme du religieux, le héros du Goût de la cerise cherche à exercer son libre arbitre: comment goûter à la vie si l’on est pas libre de se l’ôter? Rarement mise en scène n’aura été aussi évidente. Tout fait sens et ouvre grand le champ des interprétations» (Aurélien Ferenczi, Le Guide cinéma – Télérama). 
Goût de la cerise, Le

Zendegi va digar hich

(Et la vie continue)
Iran · 1992 · 95'
De Abbas Kiarostami
Avec Farhad Kheradmand, Puya Paevar
Copie(s): DCP, Persan s-t. FR
Accompagné de son fils, un homme prend la route en direction du nord de l’Iran qui vient d’être dévasté par un tremblement de terre. Son but: retrouver la trace des héros du film Où est la maison de mon ami? sur lequel il avait travaillé quelques années auparavant… Fiction et réalité s’imbriquent et se confondent dans ce voyage à travers l’Iran, les souvenirs de Kiarostami et l’essence même du cinéma. «C'est avec beaucoup de frayeur qu'on progresse dans Et la vie continue. Pas seulement en raison du suspense (…). La peur [qui est ici] suscitée est d'une autre ampleur que la simple résolution d'une indécision dramaturgique. Voilà en effet un film dont le dispositif généalogique met en danger l'existence même du cinéma: un film est dissimulé dans ce film» (Gérard Lefort, Les Inrockuptibles, 1998).
Et la vie continue

Zire darakhatan zeyton

(Au travers des oliviers)
Iran, France · 1994 · 103'
De Abbas Kiarostami
Avec Mohamad Ali Keshavarz, Farhad Kheradmand, Zarifeh Shiva
Copie(s): DCP, Persan s-t. FR
Dans le Nord de l’Iran, une équipe s’apprête à réaliser une fiction autour du tournage d’Et la vie continue, et croise la route des acteurs d’Où est la maison de mon ami?, sujet d’inspiration de ce précédent film… «Se déploie alors toute une gamme de jeux de miroir avec les gestes, les mots, les sous-entendus d’une situation qui concerne évidemment les artifices et les faux-semblants du cinéma, mais d’abord la vérité́ des sentiments, les codes sociaux, l’inégalité (…). Tous ces gens, hommes et femmes, adultes et enfants, paysans, artistes et techniciens de cinéma, campagnards et citadins, personnes réelles et personnages de fiction, ne sont pas 'du même monde', ils sont, simultanément et de manière complexe, de tout un tas de mondes à la fois» (Agnès Devictor, Jean-Michel Frodon, Abbas Kiarostami).
Au travers des oliviers