Takahata : L'esprit de Ghibli

Miscellaneous 18 May 2026

La Cinémathèque suisse, en collaboration avec le mudac, présente la rétrospective Isao Takahata : L’esprit de Ghibli à l’occasion de l'exposition que le musée lausannois consacre au cinéaste japonais. Ses plus grands succès seront projetés au Capitole, de Pompoko au Tombeau des lucioles, en passant par Panda Petit Panda et des épisodes de la série Heidi. Un cycle pensé autant pour les enfants que pour les adultes.

Reconnue comme éminemment influente, l’œuvre de Takahata traverse cinq décennies de créativité et d’humanisme. De titres sériels (Panda Petit Panda, Heidi) à ses œuvres les plus emblématiques (Le Tombeau des lucioles, Pompoko), cette sélection plonge dans la carrière de ce maître du cinéma d’animation dont les films, variés, arborent des styles parfois très différents. La rétrospective comprend aussi le seul long métrage que Takahata tourna en prise de vue réelle, le documentaire militant L’Histoire des canaux de Yanagawa, inédit en Suisse et à ne surtout pas manquer.

Takahata, producteur
En marge de ses réalisations, Takahata fut impliqué dans la production de plusieurs films ; deux d’entre eux sont présentés dans l’hommage qui lui est consacré. Tout d’abord Le Château dans le ciel, premier film réalisé par Hayao Miyazaki pour le Studio Ghibli, qu’il cofonde avec son compère Takahata. A ce classique s’ajoute une autre perle animée, plus contemporaine et européenne : La Tortue rouge. Admirateur des courts métrages de Michael Dudok de Wit, Takahata encouragea le cinéaste néerlandais à passer au long, l’accompagnant aussi sur le plan artistique.

Les influences
Dense et référencée, l’œuvre de l’érudit qu’est Takahata porte les traces de ses influences. Pour mieux les appréhender, trois films essentiels dans la méthodologie du Japonais complètent cette rétrospective, à commencer par Le Roi et l’Oiseau de Paul Grimault, dont le travail sur le réalisme de l’animation et l’approche brechtienne furent fondamentaux. Le réalisme, mot clé dans le cinéma de Takahata, puise entre autres ses origines dans le néoréalisme italien (Ladri di biciclette), tandis que l’animation et le rapport au blanc de Frédéric Back (Crac !) ont marqué son regard.