Cinémathèque suisse - site officiel

Sélection Carlotta Films

14 films issus du catalogue de Carlotta Films

En collaboration avec Carlotta Films, la Cinémathèque suisse met à disposition des salles et ciné-clubs quatorze films issus du catalogue de la société de distribution française, spécialisée dans la diffusion en salles de films du patrimoine.

Autant de films importants, réalisés par des grands noms du cinéma - Elio Petri, Carlos Saura, Rainer W. Fassbinder, Billy Wilder, Jean Renoir, Robert Aldrich, Hector Babenco, Richard Lester, Gabriel Axel, Joe Dante, Peter Brook, Kim Ki-young - qui sont ainsi disponibles pour les salles obscures suisses.


Assassino, L'

(Assassin, L')
Italie, France · 1961 · 98'
De Elio Petri
Avec Marcello Mastroianni, Micheline Presle, Cristina Gaioni
Copie(s): DCP, Italien s-t. FR | DC, Italien s-t. EN | 35 mm, Italien s-t. DE & FR

Alfredo Martelli, un antiquaire romain, est arrêté à son domicile et emmené au commissariat. En attendant d’être interrogé, il se demande ce que lui veut la police et se souvient, par épisodes, de son attitude peu scrupuleuse à divers moments de sa vie. Enfin reçu par le commissaire, Martelli apprend que son ancienne maîtresse a été retrouvée morte. Les autorités sont persuadées qu’il est l’assassin. Accablé par les preuves, l’antiquaire sent peser sur lui le poids de la culpabilité...

Porté de façon troublante par Marcello Mastroianni, L’Assassin relate les tourments psychologiques d’un individu acculé par une «présomption de culpabilité». À travers une intrigue policière conventionnelle, Elio Petri dépeint une Italie asphyxiée par les rouages de la bureaucratie et du pouvoir policier, prise dans un climat de paranoïa latente. Au-delà du thème, cette œuvre contestataire fait une proposition cinématographique saisissante et résolument moderne. L’atmosphère imprégnée de doux surréalisme, l’éblouissante composition plastique des plans et la construction complexe du récit en flashbacks évoquent deux grands films tournés la même année: La Notte de Michelangelo Antonioni et À bout de souffle de Jean-Luc Godard. Premier long-métrage d’Elio Petri, L’Assassin possède déjà le panache des chefs-d’œuvre les plus connus du réalisateur visionnaire d’Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon.

(Carlotta Films)

Assassin, L'

Babettes Gaestebud

(Festin de babette, Le)
Danemark · 1987 · 103'
De Gabriel Axel
Avec Stéphane Audran, Bodil Kjer, Birgitte Federspiel
Copie(s): DCP, Danois s-t. FR | 35 mm, Danois s-t. FR & DE

Sur la côte du Jutland vivent deux vieilles soeurs, Martine et Filippa, filles d’un pasteur autoritaire qui fut en son temps le fondateur d’une communauté religieuse locale. Un soir arrive au village une réfugiée française, envoyée par un ancien soupirant de Filippa. Elle s’appelle Babette et demande l’asile auprès des sœurs. Quatorze ans plus tard, la Française est devenue leur fidèle servante. Un jour, elle gagne une somme importante à la loterie. Mais plutôt que de garder l’argent, Babette décide de chambouler les principes ascétiques de cette communauté en organisant un dîner fastueux, dans la grande tradition française…

Fidèlement adapté d’un conte de Karen Blixen, Le Festin de Babette est une ode à la gastronomie et à l’hédonisme. À partir d’une trame romanesque mêlée d’intrigues sentimentales, Gabriel Axel raille l’austérité du monde nordique protestant, mis à mal par les délices d’une cuisinière de génie incarnée par Stéphane Audran. Grand succès populaire, Le Festin de Babette a remporté l’Oscar du meilleur film étranger en 1988.

(Carlotta Films)

Festin de babette, Le

Cría cuervos

Espagne · 1976 · 110'
De Carlos Saura
Avec Géraldine Chaplin, Mónica Randall, Florinda Chico
Copie(s): DC, Espagnol s-t. FR

Ana, 9 ans, ne dort plus la nuit dans la grande maison madrilène familiale. Ses parents sont morts récemment. Sa mère s'est éteinte de chagrin et de dépit amoureux, son père a succombé à une maîtresse vengeresse. Témoin de ces deux morts malgré elle, Ana refuse le monde des adultes et s'invente son univers. Elle s'accroche à ses rêves et ses souvenirs pour faire revivre sa mère et retrouver son amour. Elle remplit son quotidien de jeux qu'elle partage avec ses soeurs.

« Cría Cuervos est l’un des plus beaux films restituant le climat régnant en Espagne sous la dictature de Franco. Il est aussi l’un des rares à avoir su relater en direct le drame de cette époque : en effet, les trente années de régime totalitaire, en privant les cinéastes de toute liberté, ont étouffé tout regard critique sur la société. La guerre civile espagnole avait pourtant suscité un certain bouillonnement cinématographique et fait naître de nombreux documentaires militants ou de propagande. Mais l’avènement de Franco en 1939 coupe court à cet élan : les talents partent en exil, la censure affûte ses armes. Comme dans toute dictature qui se respecte, le cinéma devient un outil d’endoctrinement idéologique. Comédies, mélodrames, niaiseries (la star du genre restant l’enfant prodige Joselito) se partagent les écrans avec une pléiade de films historique. Ces derniers sont le vecteur idéal des idéaux de la dictature, avec des héros militaires ou religieux, garants de la morale et de l’ordre. Franco signe même le scénario de l’un des fleurons les plus emblématiques du genre : Raza (1941), monument patriotique et religieux. « Il est possible d’y voir une transfiguration des frustrations et ambitions du Caudillo : sa vocation de marin brisée par la chute de l’empire espagnol ; sa volonté d’affirmation et d’ascension sociales ; son puritanisme sexuel et l’idéalisation de la femme-mère ; les valeurs familiales et militaires comme essence de la « race » hispanique. » (in Dictionnaire du Cinéma, sous la direction de Jean-Loup Passek). Un sursaut de créativité surgit au début des années 50 grâce à Bienvenue Mr Marshall (1952) de Luis G. Berlanga, une satire de l’Espagne profonde, et Mort d’un cycliste (1955) de Juan Bardem, qui traite du fossé séparant les classes dirigeantes de la classe ouvrière. Mais ce réveil du cinéma espagnol reste de courte durée. Les années 60 sont celles des sous-genres, westerns-spaghetti, films d’horreur ou comédies sexy, même si de vrais talents parviennent à émerger : parmi eux, Victor Erice et, bien sûr, Carlos Saura.
Saura parvient à tourner plusieurs films très virulents envers le régime en place. Bridé, son style en devient justement plus puissant : tout se passe au niveau du symbole et de la métaphore. Cría Cuervos (1975) en est l’exemple le plus frappant. La famille pesante et étouffante n’est rien moins que l’incarnation métaphorique de la société espagnole toute entière. Le père y serait Franco, la mère défunte pourrait y être la république d’hier, la grand-mère le souvenir de l’Espagne d’avant la guerre civile, tandis que la jeune héroïne symboliserait la jeunesse, pleine d’incertitudes et d’espoirs. Mais la dictature vieillissante menée par le père (dans le film) et par Franco (dans la réalité), fondée sur la domination de l’Église, d’une bourgeoisie imbue de sa personne, et de l’armée, est vouée à la mort, comme l’indique le décès du père (dans le film, toujours), suivi de près par celui du général (en 1975). La fin, dans laquelle l’héroïne quitte la maison en compagnie de ses soeurs, n’est-elle pas l’esquisse d’un optimisme retrouvé, avec enfin une ouverture possible sur le monde ? Dans les faits, la fin de la dictature franquiste ne relance pas immédiatement le processus créatif du cinéma espagnol. Il faudra attendre pour cela la Movida et son rejeton le plus emblématique, Pedro Almodovar. » (Carlotta)

decima vittima, La

(dixième victime, La)
Italie, France · 1965 · 92'
De Elio Petri
Avec Marcello Mastroianni, Ursula Andress, Elsa Martinelli
Copie(s): DCP, Italien s-t. FR

Dans un futur proche, les gouvernements en place ont instauré un nouveau jeu mondial, appelé la Grande Chasse. Le principe : un chasseur et une victime, désignés au hasard, doivent s’entre-tuer. La règle n°1 : le chasseur connaît l’identité de sa victime, mais la victime ignore tout de lui. C’est au cours d’une de ces manches que l’Américaine Caroline Meredith, en passe de remporter sa dixième victoire consécutive, rencontre sa victime, l’Italien Marcello Poletti. Un jeu de séduction s’installe bientôt entre eux. Mais leur attirance est-elle réelle ou calculée ?

« Tourné en 1965, La Dixième Victime est le cinquième long-métrage du cinéaste italien Elio Petri, dont l’oeuvre n’a de cesse de questionner les évolutions de la société italienne. Avec ce film, Petri se permet une incursion dans un genre cinématographique a priori éloigné de son univers : celui du film d’anticipation ou, plus précisément, de la dystopie. Adaptée de la nouvelle La Septième Victime de l’Américain Robert Sheckley, l’intrigue se situe dans un futur proche où les gouvernements ont décidé de canaliser la violence de leurs concitoyens en organisant des traques mortelles. Avec ses comparses scénaristes – dont son fidèle acolyte Tonino Guerra –, Elio Petri transpose l’univers de la nouvelle dans une Italie futuriste en proie à l’invasion des objets, à l’intrusion des médias dans la vie privée et au culte de la jeunesse omniprésent. Bien que le film se fasse dénonciation de cette vision de la nouvelle Rome – et en cela poursuive la tradition de la dystopie au cinéma –, La Dixième Victime est avant tout une brillante et désopilante satire sociale, transcendée par une mise en scène élégante aux accents résolument « pop » avec ses décors et ses costumes avant-gardistes. Mais ce film d’Elio Petri ne serait pas aussi iconique sans la présence de ses deux acteurs vedettes, alors tous deux au sommet de leur carrière : le génial Marcello Mastroianni qui ne cesse d’enchaîner les succès depuis son rôle emblématique dans La Dolce Vita de Federico Fellini en 1960, et la sublime Ursula Andress, James Bond Girl par excellence depuis son interprétation dans James Bond contre Dr No. À la croisée du film d’anticipation et du film d’action popularisé par la saga des James Bond, La Dixième Victime reste une oeuvre essentielle dans la filmographie d’Elio Petri, qui a autant inspiré Running Man que la trilogie Austin Powers. À découvrir dans sa flamboyante version restaurée 2K. » (Carlotta)

dixième victime, La

Despair

(Despair)
France, Allemagne · 1978 · 119'
De Rainer Werner Fassbinder
Avec Dirk Bogarde, Andréa Ferréol, Klaus Löwitsch
Copie(s): DCP, Anglais s-t. FR | DC, Allemand

Hermann Hermann est un propriétaire d'usine de chocolat, d'origine russe, dans l’Allemagne du début des années 1930. Partageant ses fantasmes et ses perversions avec sa femme Lydia, il mène une vie protégée, grand-bourgeoise mais unidimensionnelle. Alors que le pays s’apprête à connaître des bouleversements politiques, Hermann est hanté par des visions de son double. Pendant un voyage d'affaires, il rencontre le vagabond Felix et voit en lui son sosie qui lui inspire un plan risqué: Felix et Hermann vont échanger leurs rôles dans la vie. Bien que ce vagabond soit physiquement très différent d’Hermann, la figure de Felix devient progressivement une obsession...

Avec Despair, Rainer Werner Fassbinder réalise sa première production internationale en langue anglaise, réunissant Dirk Bogarde et Andréa Ferréol. Adaptée d’un roman de Vladimir Nabokov, cette oeuvre iconoclaste met en scène l’Allemagne des années 30 sur fond de montée du nazisme. Fidèle à son cinéma, Fassbinder compose un film baroque influencé aussi bien par les drames classiques que par l’esthétique psychédélique. Traversé par la figure du double et habité par une inquiétante étrangeté, Despair, aujourd’hui restauré en haute définition, est aussi l’un des films les plus formellement brillants de son auteur.

(Carlotta Films)

Despair

Fedora

(Fedora)
France, Allemagne · 1978 · 116'
De Billy Wilder
Avec Marthe Keller, William Holden, Hildegard Knef
Copie(s): DCP, Anglais s-t. FR | DC, Anglais s-t. FR | 35 mm, Anglais s-t. DE & FR

Fedora, grande star hollywoodienne désormais retirée en Europe, met fin à sa vie en se jetant sous un train. Deux semaines auparavant, le producteur Barry Detweiler était parti à sa recherche dans l’espoir de la faire revenir sur le devant de la scène. Mais la mystérieuse Fedora vit désormais recluse auprès de gens étranges et s’avère difficile à approcher…

Fedora est un formidable réquisitoire contre le star system hollywoodien et son mythe de la jeunesse éternelle. Entre nostalgie et irrévérence, Billy Wilder porte ici un regard presque désabusé sur la génération de réalisateurs et producteurs américains du Nouvel Hollywood. Méconnu du grand public, longtemps resté invisible au cinéma, Fedora est un joyau rare à découvrir aujourd’hui dans une nouvelle version restaurée.

(Carlotta Films)

Fedora

Fleuve, Le

(Fleuve, Le)
France, États-Unis, Inde · 1951 · 100'
De Jean Renoir
Avec Esmond Knight, Nora Swinburne, Arthur Shields
Copie(s): DCP, Anglais, Bengalî s-t. FR
Dans la région de Calcutta, au Bengale, une famille d’expatriés britanniques vit sur les bords du fleuve sacré où le père dirige une presse à jute. Sa fille aînée, Harriet, une jeune adolescente romantique, partage ses loisirs avec Valerie, la fille unique d’un riche propriétaire. Toutes deux sont amies avec leur voisine Melanie, née de père anglais et de mère indienne. Un jour d’automne arrive le capitaine John. Les trois jeunes filles ne tardent pas à tomber amoureuses de cet étranger…

Premier film en couleurs de Jean Renoir, Le Fleuve a été tourné en Inde où il puise sa magie visuelle et sa langoureuse beauté. Adaptant un roman de Rumer Godden (auteur du Narcisse noir), le cinéaste réalise un poème sur la vie et la mort traversé par des contes hindous et imprégné de spiritualité orientale. Captant avec douceur le passage du temps et les premiers amours de trois jeunes filles, le maître français réalise l’une de ses oeuvres les plus romantiques. Un chef-d’œuvre sublime et raffiné, enfin restauré en Haute Définition. (Carlotta Films)
Fleuve, Le

Hanyo

(Servante, La)
Corée du Sud · 1960 · 111'
De Kim Ki-Young
Avec Eun-shim Lee, Jeung-nyeo Ju, Jin Kyu Kim
Copie(s): DCP, Coréen s-t. FR

Une famille vient d’emménager dans une grande maison neuve. Le père, Dong-sik, enseigne la musique dans une usine pour femmes. Afin de soulager son épouse qui souffre de fatigue, il accepte d’accueillir une servante recommandée par une jeune ouvrière à qui il donne des cours particuliers de piano et qui ne le laisse pas indifférent. Possédant un comportement ambigu, la nouvelle venue s’amuse à espionner les conversations ou à effrayer les enfants. Lorsqu’elle entame une liaison avec Dong-sik, le foyer tombe lentement sous l’emprise de la servante...

Œuvre révérée par de nombreux réalisateurs coréens contemporains, La Servante est un mélodrame paroxystique et cruel qui met en scène la vampirisation d’une famille ordinaire par une jeune femme diabolique. Entre Jean Genet et Joseph Losey, le film de Kim Ki-young agit comme un révélateur des névroses de la société coréenne: désir d’adultère, machisme domestique, pulsions autodestructrices. Résolument critique, ce conte moderne et noir est chargé d’une énergie du désespoir qui lui confère une virtuosité sans égal. Le cinéaste met en présence des corps prédateurs qui s’épient ou se font épier, et réalise un film presque entièrement tourné en huis-clos dans un décor de maison qui ressemble à une cage de verre. Chef-d’œuvre d’un grand cinéaste enragé, La Servante est présenté dans une version restaurée en numérique qui nous permet enfin de redécouvrir ce classique du cinéma asiatique. (Carlotta Films)

Servante, La

Hard Day's Night, A

(Quatre garçons dans le vent)
Royaume-Uni · 1964 · 87'
De Richard Lester
Avec John Lennon, Paul McCartney, Ringo Starr, George Harrison
Copie(s): DCP, Anglais s-t. FR

Alors que la Beatlemania fait rage en Angleterre, John, Paul, George et Ringo sont attendus à Londres pour jouer dans une émission de télévision. Pour arriver aux studios, ils vont devoir affronter tout un tas d’obstacles : Norm, leur manager hyper-anxieux, le grand-père de Paul au tempérament colérique et insoumis et, bien sûr, des hordes de fans hystériques…

« Classé parmi les cent meilleurs films de tous les temps par le Time Magazine, A Hard Day’s Night (Quatre Garçons dans le vent) est une oeuvre incontournable de la pop culture ayant largement contribué au lancement du clip musical. Cette comédie à l’humour ravageur parvient à capter l’énergie et la fougue des Beatles, lesquels ont écrit pour le film plusieurs chansons inoubliables dont « A Hard Day’s Night » et « Can’t Buy Me Love » (Carlotta).

Quatre garçons dans le vent

Ich will doch nur, dass ihr mich liebt

(Je veux seulement que vous m'aimiez)
Allemagne · 1976 · 110'
De Rainer Werner Fassbinder
Avec Vitus Zeplichal, Elke Aberle, Alexander Allerson
Copie(s): DCP, Allemand s-t. FR | DCP, Allemand s-t. EN

Jeune ouvrier, Peter passe l’essentiel de son temps libre à construire une maison pour ses parents, des patrons de bistrot qui ne lui ont jamais donné beaucoup d’affection. Depuis son enfance, le garçon souffre de la froideur et de l’incompréhension de ceux envers qui il manifeste des signes d’amour. Afin de ne pas être un poids pour ses parents dans leur nouvelle maison, Peter déménage à Munich avec Erika, la jeune fille qu’il vient d’épouser. Le couple découvre les affres et les tentations de la grande ville. S’évertuant à offrir à sa compagne le meilleur confort matériel possible, Peter travaille d’arrache-pied et cumule les heures supplémentaires. Mais le couple s’endette irrémédiablement...

Adapté d’un fait réel, Je veux seulement que vous m’aimiez est le portrait d’un homme malaimé qui remplace le vide affectif par les preuves d’amour et les rapports d’argent. En filmant cette quête de la tendresse à une époque où les contacts humains sont corrompus, Fassbinder constate avec amertume que le miracle économique allemand s’est fait au prix des sentiments. S’il s’inspire des grands mélodrames conjugaux à la Douglas Sirk, ce chef-d’œuvre romanesque est aussi une étude sur les origines quotidiennes de la folie, construite comme un puzzle affectif et traversée de flashbacks troublants. L’interprétation déchirante de Vitus Zeplichal, héros tragique inadapté socialement, renvoie à la personnalité complexe du cinéaste lui-même. Inédit en France, Je veux seulement que vous m’aimiez est un drame bouleversant sur les séquelles affectives de la croissance occidentale et l’une des pièces essentielles de l’œuvre de R.W. Fassbinder.

(Carlotta Films)

Je veux seulement que vous m'aimiez