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Nouveautés

Régulièrement, la Cinémathèque suisse enrichit son catalogue avec des films récents importants - remarqués ou récompensés dans les plus grands festivals mais qui n'ont pas trouvé de distributeurs suisses - ainsi qu'avec des films issus du patrimoine cinématographique mondial. Cette page présente les dernières nouveautés du catalogue de la Cinémathèque suisse disponibles pour les salles et ciné-clubs suisses.


Sortie alémanique le 10 août 2017 (automne en Suisse romande et italienne)

Eraserhead

États-Unis · 1977 · 89'
De David Lynch
Avec Jack Nance, Charlotte Stewart, Allen Joseph, Jeanne Bates, Judith Roberts
Copie(s): DCP, Anglais s-t. FR & DE & IT

J’éprouvais de la terreur partout où j’allais. Je ne vivais pas dans les bons endroits de Philadelphie, donc l’effroi était un sentiment permanent. Je détestais ça. Et j’aimais ça aussi.David Lynch

L’histoire et la conception du film Eraserhead sont entièrement liées à une ville, Philadelphie dans l’État de Pennsylvanie. Décadente, sordide, rongée par la violence et le racisme, Philadelphie a inspiré à David Lynch un monde industriel, gris et déshumanisé, un espace post-apocalyptique où si un enfant naît, il ne peut être que monstrueux. Tout au long du film, on sent le personnage d’Henry Spencer terrifié par quelque chose d’insondable qui serait, selon le réalisateur, un condensé des effrois ressentis dans cette ville. “Entrer dans cette ville, c’est entrer dans un océan de peur.

De H.R. Giger à John Waters en passant par Stanley Kubrick, de nombreux cinéastes ont été marqués par cette expérience cinématographique unique qu’est Eraserhead. Cette “Philadelphia story” continue à inspirer autant les arts populaires que les avant-gardes. Revoir Eraserhead aujourd’hui dans cette version restaurée 4K à partir des négatifs originaux et supervisée par David Lynch lui-même, c’est se replonger dans cette planète-cerveau, berceau d’un inconscient tourmenté, et dans une oeuvre d’art totale, toujours aussi fascinante, qui reste à ce jour et, selon les propos mêmes de Lynch, son meilleur film et “la plus belle chose de [s]a vie”. Maxime Lachaud

Sortie romande et alémanique dès le 5 avril 2017

Mort de Louis XIV, La

(Mort de Louis XIV, La)
Portugal, France, Espagne · 2016 · 115'
De Albert Serra
Avec Jean-Pierre Léaud, Marc Susini, Bernard Belin
Copie(s): DCP, Français s-t. DE

Pour son quatrième long métrage, le cinéaste catalan Albert Serra filme un huis clos : deux semaines d’enfermement pendant lesquelles Louis XIV voit défiler courtisans, médecins, ecclésiastes et ministres devant son lit de mort. Il ne s’agit pas de raconter comment la France vit la perte de son roi, mais comment un homme se prépare à perdre la vie, dans la douleur et le quotidien.

Août 1715. Louis XIV ressent une vive douleur à la jambe au retour d'une promenade. Les jours suivants, il poursuit ses obligations, mais la fièvre le gagne. C’est le début de la lente agonie du plus grand roi de France…

« Je suis parti de la dichotomie entre la mort telle que le Roi la met en scène pour autrui – la mort en représentation – et la mort vécue de l’intérieur. Représenter la mort d’un roi revient à évoquer un mythe dans son rapport à l’ordinaire, à l’intime. Ma démarche consiste à m’emparer d’une figure légendaire pour la travailler, jusqu’à m’introduire dans sa chair. C’est pourquoi il faut réinscrire le mythe dans sa banalité, afin d’explorer les basculements, les revirements de l’Histoire à travers ce qu’il y a de plus petit, et donc de plus humain. Le spectateur sera contraint de rejeter ses idées préconçues par rapport à un personnage historique fameux. Il devra aussi se débarrasser des codes de la dramaturgie, et des moments prétendument vrais d’une agonie. » (Albert Serra)

Mort de Louis XIV, La

Sortie romande le 1er février 2017

propera pell, La

(propera pell, La)
Espagne, Suisse · 2016 · 103'
De Isaki Lacuesta, Isa Campo
Avec Emma Suárez, Sergi López, Àlex Monner
Copie(s): DCP, Français, Espagnol, Catalan s-t. FR & DE

Thriller psychologique savamment orchestré, plébiscité par la critique espagnole et lauréat de nombreux prix au festival du cinéma espagnol de Málaga, La propera pell questionne l’importance de la mémoire dans la construction de l’identité. Une première réalisation commune du Catalan Isaki Lacuesta, figure importante du cinéma espagnol contemporain malheureusement trop méconnue en Suisse, et de sa fidèle coscénariste Isa Campo.

Le petit Gabriel (Alex Monner) disparaît suite à la mort accidentelle de son père. Alors que tous le croyaient mort, il est retrouvé huit ans plus tard dans un foyer pour adolescents. Sa mère Ana (Emma Suarez), qui avait gardé l’espoir de revoir son fils un jour, le reconnait immédiatement malgré les années. À 17 ans, Gabriel réintègre sa famille, mais son oncle (Sergi López) reste sceptique sur son identité. Peu à peu, un doute s’installe: s’agit-il réellement de l’enfant disparu?

Nous avons écrit cette histoire en 2005 pour Emma Suárez. Nous avons dû attendre huit ans pour que l’enfant Alex Monner grandisse et puisse incarner notre protagoniste, Gabriel. Quelques-uns des sujets qui nous avaient fascinés à l’époque sont toujours présents dans La propera pell : le déni, l’instabilité des liens familiaux, le besoin d’amour inconditionnel, la fragile base sur laquelle se construit l’identité, et le désir de se transformer en quelqu’un d’autre. Nous ne voulions pas réaliser un film sur des thématiques, mais sur des caractères : mettre l’accent sur un groupe de personnes qui vivent les sentiments les plus communs, mais d’une façon extrême. ” (Isa Campo et Isaki Lacuesta)

propera pell, La

Sortie romande le 1er février 2017

Ornitólogo, O

(Ornithologue, L')
Portugal, France, Brésil · 2016 · 117'
De João Pedro Rodrigues
Avec Paul Hamy, Xelo Cagiao, Han Wen, João Pedro Rodrigues
Copie(s): DCP, Portugais, Anglais, Chinois (traditionnel), Latin s-t. FR & IT

Léopard de la meilleure réalisation au Festival de Locarno 2016, le dernier film de João Pedro Rodrigues, l'un des auteurs majeurs du cinéma contemporain, qui s’inspire de la figure de Saint Antoine pour explorer le rapport à la spiritualité et au voyage.

Fernando, un ornithologue solitaire à la recherche de cigognes noires, se fait surprendre par des rapides alors qu’il descend une rivière sauvage au nord du Portugal. Sauvé des eaux par deux chinoises en pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle, il tente de retrouver son chemin et s’enfonce dans une forêt dense et dangereuse. Mais peu à peu, les obstacles et les rencontres inattendues mettent Fernando à l’épreuve, le poussant à des actes extrêmes qui le révèlent et le transforment en homme nouveau, ébloui, multiple, et enfin, complètement illuminé.

"Saint Antoine est une figure incontournable de la culture et de la société portugaise.[…] Né Fernando en 1195, à Lisbonne, son destin est lié au voyage et à la navigation. Aucun Portugais aujourd’hui n’ignore que Saint Antoine, à son retour d’une mission d’évangélisation au Maroc, partit à la dérive et échoua dans le sud de l’Italie, accomplissant dès lors un parcours qui allait devenir légendaire jusqu’à son entrée dans Padoue […]. Le film est une réappropriation transgressive et volontiers blasphématoire de la vie du Saint. Si certains passages de l’homélie prononcée en 1222 sont repris, ainsi que certains épisodes, la part d’imaginaire a pris du terrain au fil de l’écriture. C’est un esprit, une trajectoire qu’il insuffle au film et qui mène Fernando à sa nouvelle identité. La réflexion autour de la spiritualité, amorcée dans mon film Mourir comme un homme et évoquée par le voyage dans La dernière fois que j’ai vu Macao, m’a certainement conduit à ce nouveau projet. L’Ornithologue prolonge et creuse ces deux aspects sous la forme de la quête initiatique, de la découverte."
(João Pedro Rodrigues)

"On n’a plus si souvent l’occasion, au cinéma, de s’aventurer dans ces forêts de songes, dont les chemins sinueux et ésotériques nous font perdre la raison. L’Ornithologue, quatrième long-métrage en solo du Portugais João Pedro Rodrigues, est de ces films-là, et sa sortie a quelque chose de téméraire, en ces temps nébuleux où le spectateur en quête de clarté ne prendra peut-être pas le risque de s’y perdre. Pourtant, la splendeur formelle du film, son efflorescence symboliste, son imprévisibilité totale, sa destination euphorique, dessinent l’une des plus belles randonnées de cinéma vues depuis longtemps."
(Le Monde)

"Crier au chef-d’oeuvre est la tentation à laquelle il ne faudra pas céder : Rodrigues, depuis O Fantasma (2000), a sa manière propre et oblique de libérer des décharges de sublime sans jamais prétendre à la clôture ou à la grandeur. C’est que la souffrance vient toujours saboter la grande “forme” en même temps qu’elle l’anime et qu’elle la soutient. Cette empreinte dans la chair, c’est l’affaire des films de Rodrigues, qu’il les signe seul, comme celui-ci, ou avec son complice João Rui Guerra da Mata : la question de comment prendre corps, un corps de plaisir ou un corps de sainteté (et leur indistinction)."
(Libération)

Ornithologue, L'

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Blow-Up

(Blow Up)
Italie, Royaume-Uni, États-Unis · 1966 · 111'
De Michelangelo Antonioni
Avec Vanessa Redgrave, Sarah Miles, David Hemmings
Copie(s): DCP, Anglais s-t. FR | DCP, Anglais s-t. DE | DCP, Anglais s-t. IT

Un photographe surprend un couple d’amoureux dans un parc et la femme exige qu’il lui remette la pellicule. Lui ayant donné un rouleau de négatifs, il développe les photos réelles. Sur 
les épreuves, il découvre alors une main qui tient un revolver 
et un corps allongé dans les buissons… En zoomant dans 
l’image et en remontant à l’essence de son métier, qui reproduit la réalité, le photographe ne trouve qu’une abstraction de 
points que l’esprit ne peut qu’interpréter.

« Au-delà de l’image, au-delà de la représentation et au-delà du regard, où se trouve la vérité ? La trame policière du scénario est le prétexte (…) 
à un constant balancement entre le concret et l’abstrait, comme 
si toute réalité n’existait que par l’interprétation que chacun 
s’en donne à lui-même » (Gérard Pangon, Télérama).

Blow Up

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Night and the City

(Forbans de la nuit, Les)
États-Unis · 1950 · 95'
De Jules Dassin
Avec Gene Tierney, Richard Widmark, Googie Withers
Copie(s): 35 mm, Anglais s-t. FR & DE | DCP, Anglais s-t. FR | DCP, Anglais s-t. DE
Guidé par un rabatteur de boîte de nuit mythomane qui s’imagine faire fortune en organisant des matches de lutte gréco-romaine, Dassin brosse un tableau saisissant, à la fois réaliste et onirique, de la Tamise envahie par la pègre. Dans ces ruelles en clair-obscur où rôde une mort poisseuse, son lyrisme métamorphose la série noire en tragédie grecque.
Forbans de la nuit, Les

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Berberian Sound Studio

Royaume-Uni · 2012 · 92'
De Peter Strickland
Avec Toby Jones, Cosimo Fusco, Antonio Mancino, Fatma Mohamed
Copie(s): Anglais s-t. FR | DCP, Anglais s-t. DE | DCP, Anglais s-t. IT

Dans les années 1970, un ingénieur du son anglais se rend 
à Rome pour la postsynchronisation d’un giallo. Fils à maman fragile, habitué aux docus animaliers, il suggère la violence baroque et stylisée du film par des bruitages inattendus. Un travail qui va peu à peu prendre une tournure angoissante…

«Cinéma dans le cinéma, c'est aussi une plongée au cœur de l'invention des univers sonores. Fruits et légumes broyés, tranchés, coupés, évoquent les chairs martyrisées de personnages figurant sur une pellicule qui restera toujours hors champ. On peut voir le film de Peter Strickland, jeune cinéaste britannique, également auteur de musiques bruitistes, comme un hommage cinéphile, un film de terreur, une comédie étrange et une relecture des clichés cinématographiques» (Jean-François Rauger, Le Monde, 2013).