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Actualités

30.01.12 10:58

"Danse!", le poster est en vente

Dans quelques jours, la programmation de la Cinémathèque suisse se mettra à danser.En partenariat...


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25.01.12 00:00

Annulation de la venue d'Anne Wiazemsky

Nous sommes au regret de vous annoncer qu'Anne Wiazemsky ne pourra finalement pas venir le 25...


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Histoire
De 1951 à 1995: les années Buache

En avril 1951, à l'instigation de René Favre, Freddy Buache (*1924) reprend la direction de la Cinémathèque, poste qu’il ne quittera que 44 ans plus tard. En 1952, la municipalité lui alloue un petit deux-pièces sur la place de la Cathédrale qui abritera bureau et bibliothèque. Les films sont dispersés dans des locaux de fortune, hangars ou garages. Les efforts de Buache vont se heurter pendant plus d'une décennie aux réticences des producteurs, des distributeurs et des propriétaires de salles qui y voient (à tort) une concurrence, mais aussi à l'indifférence du grand public et des autorités.

Freddy Buache

L'éveil au 7ème art

Avec les moyens du bord, les responsables luttent pour retrouver les productions helvétiques du muet, de l’avant-guerre et de la guerre. Simultanément, on se procure des classiques auprès des cinémathèques de Paris, de Milan et de Bruxelles afin de faire connaître aux nouvelles générations Griffith, Murnau, Pabst ou Flaherty. Les films sont projetés dans le cadre du ciné-club local. Les quinze premières années de Freddy Buache à la Cinémathèque (qui frôle plus d'une fois la faillite) tiennent de l’apostolat. Le bouillant et obstiné directeur travaille longtemps sans salaire, subsistant grâce à ses gages de critique de cinéma. Ses prises de position pour un cinéma à la fois engagé et de qualité ne lui attirent pas toujours les sympathies des distributeurs de films, mais éveillent l’intelligence et forment le goût d’un public ouvert, dans la presse comme à la télévision. Ce rôle d'"éveilleur" se manifeste lors d'innombrables cours sur l'histoire du cinéma, de débats publics et de soirées spéciales. Buache se dépense sans compter pour faire découvrir en Suisse un septième art peu connu ou méconnu, au risque de s’attirer parfois les foudres des intégristes de la guerre froide en programmant des oeuvres rebelles du jeune cinéma polonais (Wajda, Munk), tchécoslovaque (Forman) et soviétique (Paradjanov, Tarkovski).

avec Michel Simon et Jean-Pierre Jeancolas, Lausanne 1974

Contre-culture

A l’occasion, il brave la censure avec la projection semi-clandestine de films interdits (Borowczyk, Oshima), et ne cache pas sa prédilection pour les provocations surréalistes d’un Luis Buñuel ou anarchistes de Michel Simon, Georges Franju et Claude Autant-Lara (auxquels il consacrera des biographies). Nommé co-directeur du Festival international du film de Locarno (1967-70), Buache initie aussi une collaboration étroite entre la Cinémathèque et le festival qui perdure jusqu’à aujourd’hui, notamment pour l’organisation des rétrospectives. Avec les éditions L'âge d'Homme à Lausanne, il inaugure dès 1973 deux collections d'ouvrages essentiels, l'une portant sur l'"Histoire et la théorie du cinéma" mondial, l'autre sur la création contemporaine ("Cinéma vivant"). Il prolonge ainsi par la publication sa lutte contre un cinéma exclusivement commercial, lui qui conçoit la Cinémathèque comme "une officine militante de contre-culture". Au fil des ans, cette orientation l'amènera à privilégier dans sa programmation des auteurs comme Godard, Straub/Huillet, Garrel ou Marguerite Duras.

avec Joseph von Sternberg, Locarno 1960

Le nouveau cinéma suisse

A l’exemple d’un Langlois qui enthousiasma les jeunes turcs de la « Nouvelle vague » en France, Buache joue également un rôle déterminant dans l’essor du nouveau cinéma suisse des années 1960/70, tant par son travail d’animateur exigeant que par sa plume fougueuse et facilement polémique, ou encore par son rôle au sein de commissions fédérales: Alain Tanner, Claude Goretta, Michel Soutter, plus tard Daniel Schmid, Jacqueline Veuve, Fredi Murer et tant d’autres lui doivent leur percée (cf. son ouvrage "Le cinéma suisse 1898-1998", L'âge d'Homme).

 

 

En 1963, après la création d’une loi fédérale de soutien au cinéma suisse, la Confédération octroie enfin une première subvention à la Cinémathèque qui permet progressivement de verser des salaires et d’engager du personnel fixe. En automne 1966, début des projections bi-mensuelles de la Cinémathèque à l'Aula du collège de Béthusy. Les collections de photos et d’affiches prennent leur essor sous l’impulsion d’André Chevailler (1972). Mais ce n’est qu’en octobre 1981 que la Cinémathèque suisse aborde un tournant décisif et connaît une première apogée. Transformée en fondation privée que soutiennent aux deux-tiers la Confédération, la Ville de Lausanne et le Canton de Vaud, elle s’installe dans l’aile est du Casino de Montbenon. Elle y dispose de deux salles de projection, permettant dorénavant une programmation de films régulière et quotidienne sur toute l’année. Buache s’entoure de collaborateurs comme Christian Dimitriu pour l’administration (1981/92) et, dès 1993, Bernard Uhlmann (« Filmpodium Zurich ») à la programmation. Ce nouveau cadre confère à la Cinémathèque un statut qui engage les producteurs et distributeurs du pays à lui confier massivement leurs trésors. Le « Ciné-Journal Suisse », notamment, y trouve refuge. Les bobines s’entassent. Dix ans plus tard, la Cinémathèque est contrainte d’aménager un vaste centre d’archivage avec abri culturel à Penthaz, à 10 km au nord de Lausanne, pour y entreposer selon les normes techniques les plus modernes une collection de films toujours plus envahissante. Cette acquisition indispensable, entreprise sans l’appui des pouvoirs publics et inaugurée officiellement le 16 octobre 1992, va assombrir les dernières années de l’ère Buache qui seront handicapées par une dette hypothécaire paralysante.

Pour plus d'informations, cf. "Freddy Buache: Derrière l'écran", entretiens avec Christophe Gallaz et Jean-François Amiguet, Editions Payot Lausanne, 1995, 222 pages.

 

Les locaux de la Cinémathèque en 1957 (Pl. de la Cathédrale à Lausanne)
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