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Dans quelques jours, la programmation de la Cinémathèque suisse se mettra à danser.En partenariat...
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Le cinéma possède une histoire et joue un rôle considérables dans la culture contemporaine. Mais si l’idée de sauvegarder la création cinématographique apparait dès le début du XXe siècle, sa concrétisation date des années trente. Alarmés par la disparition des chefs-d’oeuvre du muet, par la négligence des studios et l’insouciance des producteurs (qui considèrent la pellicule comme une simple marchandise périssable soumise aux lois du marché), des cinéphiles en Europe comme aux Etats-Unis poussent à la création de "lieux de mémoire" où les films seraient conservés à l’abri de toute considération économique, en tant qu’art, mais aussi en tant que témoin privilégié - et primordial - de leur époque, de ses conflits, de ses moeurs, de ses modes, de ses enjeux et de ses passions. La première cinémathèque est fondée à Stockholm en 1933. Suivent Berlin (1934), Londres, New York, Rome (1935), Paris (1936) et Bruxelles (1938).
En Suisse, l’initiative revient à Peter Bächlin (1917-1998), journaliste, économiste, producteur et président du plus ancien ciné-club du pays, «Le Bon Film». Avec le soutien de la municipalité, il crée à Bâle les bases des « Archives Cinématographiques Suisses ». Celles-ci sont conçues sur le modèle du Museum of Modern Art de New York, car leur activité filmique est, comme à New York, en quelque sorte insérée dans celle du Musée des Beaux-Arts. Peu avant la guerre, en 1939, Bächlin a déjà sollicité les conseils d’Henri Langlois, le légendaire directeur de la Cinémathèque Française à Paris, et sa rencontre avec des réalisateurs comme Jean Renoir et Georges Méliès le confirment dans sa volonté de créer une cinémathèque helvétique.
Le 1er octobre 1943, les Archives Cinématographiques Suisses sont inaugurées à Bâle, au cinéma «Palermo». Georg Schmidt, directeur du Musée des Beaux-Arts, et Werner Schmalenbach, vice-directeur de l’Ecole des arts et métiers, secondent Bächlin. A la fin de la guerre, l’équipe bâloise organise un Congrès international du cinéma, placé sous le signe de l’Europe libérée et auquel participent les plus grands cinéastes européens (Luigi Comencini, Jean Grémillon, Slatan Dudow, Luciano Emmer, Alberto Lattuada, Alf Sjöberg, Alberto Cavalcanti, etc.). Mais en avril 1948, Bâle coupe tout subside en guise de représailles contre les opinions de gauche des responsables.
Afin d'empêcher la liquidation et la dispersion de collections déjà estimables (des centaines de longs métrages et une bibliothèque fournie), Claude Emery et René Favre, animateurs du Ciné-club de Lausanne, en proposent le transfert sur les rives du Léman. La manoeuvre est aussi intéressée, car seule une cinémathèque sur place permet d'emprunter des films rares à des archives étrangères (Paris, Milan, Bruxelles). Cette démarche contribue à la création de l’association «Cinémathèque suisse», juridiquement constituée à Lausanne le 3 novembre 1948; Langlois en élabore les statuts. Claude Emery (1923 -1992) devient le premier directeur de cette cinémathèque nationale établie désormais en pays francophone, assisté de René Favre (1923-2003). Deux camions apportent le contenu des archives bâloises orphelines en mai 1949. En 1950, la Cinémathèque reçoit une première subvention de la Ville de Lausanne ainsi que des locaux pour le dépôt des films. A la fin de l’année, la jeune association fête son inauguration sous le parrainage d’Erich von Stroheim, qu’Emery, également président de la Fédération suisse des Guildes du Film, invite à Lausanne. Mais le soutien des milieux culturels est inexistant, le canton de Vaud fait encore la sourde oreille, la Confédération ne possède pas de moyens légaux pour intervenir et les dettes s’accumulent. Freddy Buache, journaliste et critique d’art, rejoint le groupe fondateur peu après.
