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Un an après avoir consacré une rétrospective à Mario Monicelli, la Cinémathèque suisse renoue avec la comédie à l’italienne. Le genre, qui trouve son autonomie dans la Péninsule à la fin des années 1950, prend le relais des comédies mondaines des «téléphones blancs» de l’ère Mussolini ainsi que des films burlesques avec le comique Totò. C’est alors le néoréalisme qui, comme le résume Jean A. Gili, «relance la comédie (…) dans la voie du traitement par l’humour, l’ironie, la satire, des problèmes de la société italienne». Ancrées dans une réalité aux visages multiples, dans les traditions nationales et locales, les œuvres de Comencini, Germi, Monicelli, Risi ou Scola s’inscrivent dans des contextes historiques et socio-politiques bien précis. Ces comédies de mœurs dénoncent le mirage du miracle économique et fustigent, avec une rage libératrice, les hypocrisies qui encombraient la vie sociale du pays. Le rire y est souvent grinçant, féroce, et la drôlerie se mêle au désespoir le plus noir. Cultivant des liens anciens avec le mélodrame et la commedia dell’arte – dont les acteurs Gassman, Tognazzi, Manfredi, Mastroianni ou Sordi incarnent les nouveaux masques –, le genre se prête à de multiples variations (comédie romantique du «néoréalisme rose», film à sketches, fresque historique, etc.), évoluant jusqu’à basculer dans la tragédie et se fondre dans le paysage cinématographique italien au cours des années 1970 et 1980.