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Focus sur... George Cukor, le monsieur de ces dames

«A cette époque-là (les années 1930), les actrices étaient très mal à l’aise sur les plateaux. Les metteurs en scène passaient leur temps à faire des gestes obscènes dans leur dos, pour amuser les techniciens. Avec George Cukor, elles se sont enfin senties en sécurité. Il est le premier à avoir vraiment respecté les femmes à Hollywood.»
(Joseph L. Mankiewicz, Télérama, n°2440, 16 octobre 1996, p.92)

La longue carrière de George Cukor s'étend sur plus d'un demi-siècle (1918-1981). Spécialisé dans les screwball comedies, le cinéaste a réalisé de nombreux films qui font aujourd'hui date dans l'histoire du cinéma. Il débute en 1918, à Broadway, en tant que metteur en scène de théâtre et se démarque pour son talent de directeur d’acteurs. Pourtant, homosexuel notoire, c'est à ses actrices qu'il consacre le plus d'énergie. En 1929, à l'heure des balbutiements du parlant, la Paramount fait appel à lui pour travailler en tant que dialoguiste sur le film All Quiet on the Western Front (A l'ouest rien de nouveau, 1930) de Lewis Milestone. Fort de ses compétences pour diriger ses comédiens, Cukor se fait un nom auprès de l'industrie cinématographique et ne tarde pas à accéder aux commandes de son premier film Tarnished Lady (1931)

Davantage metteur en scène qu'auteur, Cukor délègue volontiers les aspects techniques de ses films aux hommes du métier. Très à l’aise, par conséquent, au sein d’une industrie qui fonctionne selon la division des tâches, il se focalise sur la caractérisation de ses personnages et le rendu de psychologies réalistes. Aussi, aucun article, aucune chronique, aucune définition de dictionnaire n'oublient de souligner son talent en tant que woman’s director et portraitiste du comportement féminin. Considéré sous tous ses angles, celle-ci est tantôt puissante, émancipée, adorée, protégée, masculine et rarement (voire jamais) soumise. Les plus grandes icônes du cinéma classique hollywoodien se bousculent au portillon pour tourner avec le plus fin psychologue de la femme. Katharine Hepburn, Greta Garbo, Judy Garland, Marilyn Monroe, Joan Crawford, Norma Shearer, Audrey Hepburn... Elles ont toutes brillé derrière la caméra du cinéaste. Au sein de l'héritage d'une soixantaine de films que nous a légués le réalisateur, il a été question d'en sélectionner deux, moins commentés par la critique. Par le biais de la collection de la Cinémathèque suisse, nous souhaitons relayer les anecdotes de deux destins tragiques ; celui de Greta Garbo qui mit fin à sa carrière suite à Two-faced Woman (La Femme aux deux visages, 1941) et de Marilyn Monroe, qui mourut pendant le tournage de Something’s Got to Give (1962). Derniers témoignages de deux grandes héroïnes hollywoodiennes...


En 1936, Cukor propulse Greta Garbo au sommet de la liste de la MGM grâce à son interprétation dans Camille (Le roman de Marguerite Gauthier, 1936), adapté de La Dame aux Camélias d'Alexandre Dumas fils. L'image hiératique, énigmatique, insaisissable et élégante de l'actrice suédoise perce le cadre de Cukor.

Pourtant, en 1940, lorsque ce dernier la rappelle pour interpréter les rôles de sœurs jumelles dans la comédie Two-faced Woman, le destin de Garbo s'assombrit. Suite à la réussite de son rôle comique dans Ninotchka d'Ernst Lubitsch (1939), la critique avait développé ce fameux slogan : « Garbo rit ». Mais en campant, chez Cukor, le rôle d'une séductrice de petite vertu, elle surprend le tout Hollywood.

A cette époque, le code Hays impose une censure extrêmement stricte et sous la pression de la Legion of Decency, fondée par des évêques catholiques, le film est classé C (=condamné) avant même sa sortie. Les critiques n'épargnent pas Greta Garbo qui avait les avait habitués à moins d'extravagances. Quelques mois plus tard, elle met un terme à son contrat avec la MGM et disparaîtra à jamais de l'univers pailleté du cinéma hollywoodien.

Dans ce magazine d'époque (source inconnue), la presse s'emballe pour les jambes de Greta Garbo et révèle une autre manière de pointer l'insolite qui émane de ce rôle de femme dévergondée.

La Cinémathèque suisse propose de (re)découvrir ce film qui, débarrassé du contexte historique qui est le sien, dévoile une facette stupéfiante du jeu de Garbo. Dansant, skiant, nageant et riant, l’actrice révèle à merveille le don de Cukor qui lui permet de tirer le meilleur de ses actrices. Pierre Mazars le soulevait effectivement le 1er janvier 1967, dans Le Figaro.

En revanche, dans les articles suivants (source inconnue - Télétop), les auteurs pointent la « responsabilité » du public européen dans l’échec commercial du film. En effet, le monde étant envenimé par la Seconde Guerre mondiale, les comédies hollywoodiennes ne trouvent alors pas d’écho de l’autre côté de l’Atlantique.


Diaporama "Two-faced Woman"

Two-faced Woman (La Femme aux deux visages, 1941)
Droits réservés, Collection Cinémathèque suisse

Two-faced Woman (La Femme aux deux visages, 1941)
Droits réservés, Collection Cinémathèque suisse

Two-faced Woman (La Femme aux deux visages, 1941)
Droits réservés, Collection Cinémathèque suisse

Two-faced Woman (La Femme aux deux visages, 1941)
Droits réservés, Collection Cinémathèque suisse

Two-faced Woman (La Femme aux deux visages, 1941)
Droits réservés, Collection Cinémathèque suisse

Two-faced Woman (La Femme aux deux visages, 1941)
Droits réservés, Collection Cinémathèque suisse

Two-faced Woman (La Femme aux deux visages, 1941)
Droits réservés, Collection Cinémathèque suisse

Two-faced Woman (La Femme aux deux visages, 1941)
Droits réservés, Collection Cinémathèque suisse

Two-faced Woman (La Femme aux deux visages, 1941)
Droits réservés, Collection Cinémathèque suisse

Two-faced Woman (La Femme aux deux visages, 1941)
Droits réservés, Collection Cinémathèque suisse

Two-faced Woman (La Femme aux deux visages, 1941)
Droits réservés, Collection Cinémathèque suisse

Two-faced Woman (La Femme aux deux visages, 1941)
Droits réservés, Collection Cinémathèque suisse

Two-faced Woman (La Femme aux deux visages, 1941)
Droits réservés, Collection Cinémathèque suisse

Two-faced Woman (La Femme aux deux visages, 1941)
Droits réservés, Collection Cinémathèque suisse

Two-faced Woman (La Femme aux deux visages, 1941)
Droits réservés, Collection Cinémathèque suisse

Two-faced Woman (La Femme aux deux visages, 1941)
Droits réservés, Collection Cinémathèque suisse

Two-faced Woman (La Femme aux deux visages, 1941)
Droits réservés, Collection Cinémathèque suisse

Two-faced Woman (La Femme aux deux visages, 1941)
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Two-faced Woman (La Femme aux deux visages, 1941)
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Something’s Got to Give (1962)

« Que puis-je dire de Something Got To Give et de Marilyn Monroe ? Le film a été repris, c’est Move On Darling de Michael Gordon, avec Doris Day et James Garner. Marylin ? Tout simplement, elle ne pouvait plus travailler. En 7 semaines de tournage, nous n’avons pu travailler avec elle que trois ou quatre jours ! Elle était incapable de faire quoi que ce soit, et comme elle était très intelligente, elle s’en rendait bien compte. Un jour, pour l’encourager, je l’avais complimentée sur une scène, et elle m’a répondu : « Non, ce n’est pas vrai, je n’y arrive pas ». C’était très difficile de communiquer avec elle. Elle compliquait les choses les plus simples, et jouer d’instinct ne la satisfaisait pas. Elle voulait faire très bien. Elle faisait les choses les plus difficiles avec beaucoup de naturel et de facilité. C’était une grande comédienne, mais elle voulait tout compliquer. Elle n’était pas préoccupée par la peur de vieillir, elle était encore très jeune, mais elle était naturellement instable et tourmentée. »
(George Cukor, Rectangle, automne 1988, n° 26-27, p.23)

En 1962, la Twentieth Century-Fox lance Something’s Got to Give, un projet réunissant George Cukor et l’icône par excellence, Marilyn Monroe. Malade physiquement et psychiquement, l’actrice fait preuve d’un absentéisme aigu sur le plateau. Le retard s’accumule et la Fox renvoie Monroe. Suite à d’incessantes querelles internes, Monroe est rappelée mais Cukor se voit remplacé par Jean Negulesco, le réalisateur de How to Marry a Millionaire (Comment épouser un millionnaire, 1953). Fort tragiquement cependant, le 5 août 1962, la plus célèbre blonde de l’âge d’or hollywoodien est retrouvée morte dans son appartement. Aujourd’hui, si ce film reste inachevé, il subsiste de nombreux documents, dont les célèbres photographies et rushes de Marilyn se baignant nue dans une piscine, qui apparaissent dans le documentaire Marilyn Monroe : The Final Days, tourné en 2001. Les 7 et 29 octobre, la Cinémathèque suisse propose la projection de ce document inédit contenant 37 minutes du film inachevé le plus tristement connu de l’histoire du cinéma.

Diaporama "Something's Got to Give"

Something's Got to Give, 1962
Droits réservés, Collection Cinémathèque suisse

Something's Got to Give, 1962
Droits réservés, Collection Cinémathèque suisse

Something's Got to Give, 1962
Droits réservés, Collection Cinémathèque suisse

Something's Got to Give, 1962
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Something's Got to Give, 1962
Droits réservés, Collection Cinémathèque suisse

Something's Got to Give, 1962
Droits réservés, Collection Cinémathèque suisse

Something's Got to Give, 1962
Droits réservés, Collection Cinémathèque suisse

Something's Got to Give, 1962
Droits réservés, Collection Cinémathèque suisse

Something's Got to Give, 1962
Droits réservés, Collection Cinémathèque suisse

Something's Got to Give, 1962
Droits réservés, Collection Cinémathèque suisse

Something's Got to Give, 1962
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Something's Got to Give, 1962
Droits réservés, Collection Cinémathèque suisse

Something's Got to Give, 1962
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Something's Got to Give, 1962
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Something's Got to Give, 1962
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Diaporama "Sur le tournage: Cukor et ses actrices"

Sur le tournage de A Double Life (Othello, 1947)
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Sur le tournage de A Star Is Born (Une Etoile est née, 1954)
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Sur le tournage de Adam’s Rib (Madame porte la culotte, 1949)
Droits réservés, Collection Cinémathèque suisse

Sur le tournage de Adam’s Rib (Madame porte la culotte, 1949)
Droits réservés, Collection Cinémathèque suisse

Sur le tournage de Adam’s Rib (Madame porte la culotte, 1949)
Droits réservés, Collection Cinémathèque suisse

Sur le tournage de Adam’s Rib (Madame porte la culotte, 1949)
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Sur le tournage de Bhowani Junction (La Croisée des destins, 1956)
Droits réservés, Collection Cinémathèque suisse

Sur le tournage de Desire me (La Femme de l’autre, 1947)
Droits réservés, Collection Cinémathèque suisse

Sur le tournage de Desire me (La Femme de l’autre, 1947)
Droits réservés, Collection Cinémathèque suisse

Sur le tournage de Desire me (La Femme de l’autre, 1947)
Droits réservés, Collection Cinémathèque suisse

Sur le tournage de Holiday (Vacances, 1938)
Droits réservés, Collection Cinémathèque suisse

Sur le tournage de It Should Happen to You (Une Femme qui s’affiche, 1954)
Droits réservés, Collection Cinémathèque suisse

Sur le tournage de It Should Happen to You (Une Femme qui s’affiche, 1954)
Droits réservés, Collection Cinémathèque suisse

Sur le tournage de Keeper of the Flame (La Flamme sacrée, 1942)
Droits réservés, Collection Cinémathèque suisse

Sur le tournage de Les Girls, 1957
Droits réservés, Collection Cinémathèque suisse

Sur le tournage de Let’s Make Love (Le Milliardaire, 1960)
Droits réservés, Collection Cinémathèque suisse

Sur le tournage de Let’s Make Love (Le Milliardaire, 1960)
Droits réservés, Collection Cinémathèque suisse

Sur le tournage de My Fair Lady, 1964
Droits réservés, Collection Cinémathèque suisse

Sur le tournage de My Fair Lady, 1964
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Sur le tournage de Pat and Mike (Mademoiselle Gagne-Tout, 1952)
Droits réservés, Collection Cinémathèque suisse

Sur le tournage de Pat and Mike (Mademoiselle Gagne-Tout, 1952)
Droits réservés, Collection Cinémathèque suisse

Sur le tournage de The Philadelphia Story (Indiscrétions, 1940)
Droits réservés, Collection Cinémathèque suisse

Sur le tournage de Rich and Famous (Riches et célèbres, 1981)
Droits réservés, Collection Cinémathèque suisse

Sur le tournage de The Blue Bird (L’Oiseau bleu, 1976)
Droits réservés, Collection Cinémathèque suisse

Sur le tournage de The Blue Bird (L’Oiseau bleu, 1976)
Droits réservés, Collection Cinémathèque suisse

Sur le tournage de The Blue Bird (L’Oiseau bleu, 1976)
Droits réservés, Collection Cinémathèque suisse

Sur le tournage de The Blue Bird (L’Oiseau bleu, 1976)
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Sur le tournage de The Blue Bird (L’Oiseau bleu, 1976)
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Sur le tournage de The Chapman Report (Les Liaisons coupables, 1962)
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Sur le tournage de Travels with My Aunt (Voyages avec ma tante, 1972)
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Sur le tournage de Zaza, 1938
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Cinémathèque suisse, Août 2013
Provenance des documents:
Bibliothèque, Archives CSL et collection iconographique de la Cinémathèque suisse


Les films cités - projections à la Cinémathèque suisse